"Le tableau comme une fenêtre ouverte sur l'esprit"
Je crée d’abord pour moi : pour me découvrir, m'affirmer et exprimer la nature spirituelle de l'être humain.
Pour les autres aussi, pour essayer d’ajouter un peu de beauté au monde, de toucher le cœur de mes prochains – qu’ils se sentent compris et moins seul, comme l’art des autres en a fait de même pour moi.
Mais ultimement, je crée car c’est l’évidence la plus forte et absolue qui s’impose à moi.
Mes œuvres sont le résultat d'un combat durant lequel je lutte pour projeter mon esprit sur la toile.
Mes sujets sont des réceptacles dans lesquels je verse tout ce qui m’anime pour atteindre quelque chose de vrai. Ils peuvent vous rappeller des formes familières, mais je les traite avant tout comme une accumulation de traces guidées par ma gestuelle – et donc par mon esprit.
En guidant ces traces, je cherche à me rapprocher de la ligne entre le figuratif et l'abstrait. Cela me permet d'allier tout ce que j'aime et dire tout ce que j'ai à dire.
Je travaille aussi beaucoup avec les modèles vivants, car je trouve l'humain beau et fascinant. Lorsque je travaille, je poursuis une vérité artistique à la fois personnelle et universelle. C'est cette vérité qui me permet de créer une œuvre profonde, cohérente, indépendante et capable de voler de ses propres ailes.
Mon travail est rythmé par des moments de gestuelles spontanées que je cherche ensuite à harmoniser. Il m’est important de conserver l’aspect brut de ces moments et de ne pas les compromettre. Je tends à choisir des méthodes et supports qui demandent d’être vigoureux. J’aime creuser, gratter et utiliser tout mon corps sur mes toiles. Pour cela, je préfère avoir de la matière et des grands formats.
Je peints surtout à l’acrylique et l’huile. L’acrylique me permet d’avoir un bon contrôle sur mes temps de séchages et couvrir des surfaces rapidement. L’huile est pour tout le reste, mais surtout la trace et la couleur. J’utilise aussi le pastel et parfois la gouache. Le pastel pour donner de la texture et travailler à mi-chemin entre la peinture et le dessin.
J’ai tendance à utiliser ma matière pure et brute, j’évite l’eau hormis pour de rares glacis.
En dessin j’utilise la sanguine et le fusain pour les croquis d’observation ou quand je travaille les valeurs. L’encre de chine pour la gestuelle et les rythmes.
